Flytel est un opérateur mobile. Nous ne donnons pas de conseil juridique, fiscal ou social. Cette page rapporte ce que disent les textes et les organismes officiels, avec leurs sources et la date à laquelle nous les avons relus. Elle ne remplace ni ces organismes, ni un conseil sur votre situation. En cas de doute, l’organisme compétent est nommé dans chaque section : c’est lui la référence.
Le chômage total : la France indemnise
Vous perdez entièrement votre emploi en Suisse ? Vous relevez de votre pays de résidence, la France : vous vous inscrivez à France Travail et touchez l’allocation française, calculée sur votre salaire suisse. C’est la règle européenne de coordination, que la Suisse applique par l’accord sur la libre circulation, et qui n’a pas changé pour elle. Le règlement le dit ainsi :
« […] l’institution du lieu de résidence prend en compte le salaire ou le revenu professionnel perçu par la personne concernée dans l’État membre à la législation duquel elle était soumise au cours de sa dernière activité salariée ou non salariée, conformément au règlement d’application. »
Règlement (CE) n° 883/2004, article 62, paragraphe 3, texte publié par le Cleiss, relevé le 11 septembre 2026.
On parle souvent de deux changements. Voici où ils en sont au 20 octobre 2026. D’abord, la convention d’assurance chômage de novembre 2024 prévoyait un coefficient destiné à réduire l’allocation des frontaliers. Il n’a pas été validé par l’État : le salaire suisse est pris en compte tel quel. Ensuite, une révision européenne confiera l’indemnisation au pays d’emploi après 22 semaines de travail ininterrompu, si les conditions de ce pays sont remplies. Votée par le Parlement européen le 7 juillet 2026 et adoptée par le Conseil le 28 septembre 2026, elle ne s’applique pas encore : elle doit être publiée, puis les États auront plusieurs années pour la mettre en œuvre. Pour la Suisse, rien ne change tant qu’elle ne la reprend pas : d’après l’Unédic, cela dépendra de l’adoption des accords « Bilatérales III ». Vous lisez cette page longtemps après sa date ? Vérifiez ce point : c’est celui qui peut bouger.
Le chômage partiel : la Suisse indemnise
Votre contrat continue ? Alors la règle change. Horaire réduit, intempéries, chômage technique : tant que vous restez salarié, c’est le pays où vous travaillez qui vous indemnise, donc l’assurance chômage suisse, par l’intermédiaire de votre employeur. Le contrat doit toujours exister ; la durée de la suspension ne compte pas. Un licenciement avec dispense de travail n’est pas un chômage partiel : à la fin du préavis, le contrat s’arrête, et vous relevez de la France.
Le document U1, à demander tôt
Pour que France Travail connaisse vos périodes suisses, il vous faut le document portable U1, souvent écrit « PD U1 ». Il liste vos périodes de travail en Suisse des trois dernières années. La Suisse l’établit en deux temps : votre employeur remplit l’« attestation de l’employeur international » (formulaire 716.052), puis vous demandez le document à la caisse de chômage (formulaire 716.053), d’après le portail suisse de l’assurance chômage. Demandez-le dès la fin du contrat.
Inscrivez-vous sans attendre le U1. D’après France Travail, l’inscription se fait en ligne sans lui, et un document manquant ne doit pas la retarder.
Depuis la Suisse, le 3949 ne se compose pas : France Travail publie un numéro pour l’étranger, le +33 1 77 86 39 49. Voir aussi les numéros des organismes à composer depuis la Suisse.
Les conditions, le montant et la durée
Ce sont les règles françaises de l’allocation, appliquées au salaire suisse, d’après service-public.gouv.fr.
- Pour y avoir droit : au moins six mois de travail dans les vingt-quatre derniers mois, ou dans les trente-six derniers mois à partir de 55 ans, et une inscription dans les douze mois qui suivent la fin du contrat. Depuis le 1er avril 2026, cinq mois suffisent si vous n’avez jamais touché le chômage.
- Le montant : le plus élevé de deux calculs, 40,4 % du salaire journalier de référence plus 13,18 €, ou 57 % de ce salaire, avec un minimum de 32,13 € par jour. Au-delà de 4 857,81 € brut par mois de salaire de référence, l’allocation baisse de 30 % à partir du septième mois, sauf exceptions, notamment d’âge.
- La durée : 548 jours avant 55 ans, 685 jours à 55 et 56 ans, 822 jours à partir de 57 ans. Après une rupture conventionnelle, pour un contrat terminé depuis le 1er septembre 2026, elle est plafonnée à 15 mois avant 55 ans, et à 20,5 mois à partir de 55 ans.
- Le premier versement : un délai d’attente de sept jours, auquel peut s’ajouter un différé si vous avez touché des indemnités de départ au-delà du minimum légal, plafonné à 150 jours.
En 2025, d’après les chiffres publiés par l’Unédic en juillet 2026, 27 800 allocataires ayant travaillé en Suisse étaient indemnisés, pour une allocation moyenne de plus de 2 100 € nets par mois.
L’assurance maladie pendant le chômage
Indemnisé par la France, vous relevez aussi de l’assurance maladie française, même si vous étiez assuré en Suisse pendant votre emploi. C’est l’article 11, paragraphe 3, point c) du règlement 883/2004. Le droit d’option se rouvre quand vous reprenez un emploi en Suisse : voir LAMal ou Sécurité sociale.
La retraite : trois piliers, et deux pays
La retraite suisse repose sur trois piliers, que l’Office fédéral des assurances sociales décrit ainsi :
- L’AVS, la prévoyance étatique, « assure les besoins de base ».
- La prévoyance professionnelle, le deuxième pilier, « doit permettre de conserver dans une large mesure son niveau de vie antérieur ».
- La prévoyance privée couvre le reste.
Avec la réforme AVS 21, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, l’âge de référence est 65 ans pour les hommes. Pour les femmes, il monte par paliers : 64 ans et 6 mois pour celles nées en 1962, 65 ans pour celles nées à partir de 1964. Les femmes nées de 1961 à 1969 ont droit à des mesures de compensation, d’après le mémento AVS de 2026.
Une 13e rente AVS s’ajoute à partir de décembre 2026 : elle est versée chaque année en décembre, sans demande à faire, et vaut un douzième des rentes de l’année, d’après l’AVS.
La rente AVS ne se verse pas d’elle-même : il faut la demander. Le mémento officiel recommande de s’y prendre trois ou quatre mois avant l’âge de référence. La démarche dépend de votre carrière. Vous avez aussi cotisé en France ? La demande se dépose auprès de votre caisse de retraite française, qui ouvre la procédure dans tous les pays concernés. Votre carrière est entièrement suisse ? La demande s’adresse directement à la Caisse suisse de compensation, à Genève.
Le deuxième pilier, quand on quitte la Suisse
Pour un résident français assujetti à l’assurance vieillesse obligatoire d’un pays de l’Union européenne, la part obligatoire du deuxième pilier ne peut pas être retirée en espèces au départ de Suisse. Elle reste en Suisse, sur un compte bloqué appelé compte de libre passage. Elle est versée à la retraite, au plus tôt cinq ans avant l’âge de référence. Seule la part au-delà du minimum légal, dite surobligatoire, peut être versée sans examen. L’organisme de liaison officiel est le Fonds de garantie LPP : c’est lui la référence. La fiscalité de cet avoir et l’examen de votre assujettissement se jugent au cas par cas. Cette page ne donne pas de conseil sur son usage.
L’impôt sur la rente AVS
D’après impots.gouv.fr, « Retraités de Suisse », une pension qui n’a pas été imposée en Suisse, par exemple certaines prestations AVS du premier pilier, se déclare en France sur le formulaire 2047 comme une retraite du secteur privé, puis se reporte sur la déclaration de revenus. La règle de nationalité ne vise que les pensions d’un employeur public suisse : elles sont imposées en Suisse si vous êtes de nationalité suisse, avec un crédit d’impôt en France.
Le cumul des deux carrières
« Chaque État rémunère les périodes d’assurance accomplies sous sa législation. Il verse la part de retraite correspondant aux périodes de cotisations […]. »
Vos trimestres français et vos années suisses s’additionnent pour ouvrir vos droits. Puis chaque pays paie sa part, en proportion des périodes que vous y avez accomplies. Une seule demande, déposée dans le pays de domicile, lance la procédure partout. Côté français, le calcul le plus favorable est retenu.
Les limites de cette page
Quatre points restent sans réponse officielle que nous ayons pu lire : cette page ne les tranche pas.
- Le plafond de l’allocation : service-public écrit 70 % du salaire de référence, France Travail 75 %.
- L’imposition du capital du deuxième pilier.
- Le taux de conversion du franc suisse retenu par France Travail.
- Le cas du frontalier qui ne rentre pas chez lui chaque semaine, soumis à d’autres règles.
Pour tout cela, France Travail, votre caisse de retraite et le Cleiss sont la référence.
